Le Diamant

un lieu de rayonnement qui allie patrimoine et modernité

Le Diamant 1 / 22 informations

Projet
Le Diamant, espace de diffusion d'Ex-Machina situé à la place D'Youville
Année
2019
En consortium avec
Coarchitecture
Jacques Plante Architectes
Consultants
Tetra Tech, structure
Dupras-Ledoux / Ambioner, mécanique
Trizart, scénographie
WSP, acoustique
Crédits photographiques
Stéphane Groleau
Liens
Le Diamant : lieu de rayonnement
Dévoilement des nouvelles images du Diamant par Robert Lepage
Catalogue des concours canadiens

L’approche conceptuelle : un diamant à mettre en scène et en lumière
Entre les façades patrimoniales de style Second Empire d’un ancien YMCA à conserver (érigé en 1879), et l’immensité d’une salle de spectacle (625 sièges) polyvalente à architecturer à la fine pointe de la technologie scénique, il fallait créer de l’espace dans un site enclavé, afin de laisser vivre ces deux entités architecturales et fonctionnelles. La décision de trancher dans l’existant en diagonale assure la matérialisation sans compromis du nouveau centre de diffusion culturelle et permet d’intégrer à la géométrie du tissu urbain un nouveau lieu semi-public. Un vide interstitiel triangulaire qui monte sur toute la hauteur de l’ancien bâtiment agit comme lieu de lumière et de vie ainsi que de dispersion des publics en lien avec la place d’Youville, carrefour culturel de la ville. La création d’un tel volume permet aux deux entités, bâtiment patrimonial et salle de spectacle, d’exister pleinement et de contribuer mutuellement à leur appropriation respective par les spectateurs et l’équipe du Diamant.

L’approche urbaine : des parcours fondateurs inspirants
La diagonale est issue de l’analyse urbaine de la place d’Youville aménagée à la jonction entre la basse-ville et le Vieux-Québec, près de la porte Saint-Jean. À cet endroit, l’angle des fortifications fait dévier la rue éponyme et crée un accident dans la trame de rues orthogonales. De l’autre côté de la place, la montée de la côte d’Abraham suit l’alignement du mur de fortification, obligeant le bâti à respecter cet accident dû à la falaise. La rencontre virtuelle de ces deux diagonales parfaitement alignées se fait derrière la façade du YMCA où est créé l’espace interstitiel traversant qui définit la volumétrie du Diamant et son organisation programmatique.

L’approche architecturale : un volume de verre unifiant
Au sommet de cette brèche émerge un volume de verre en fond de scène de l’ancien YMCA. Le volume de verre facetté, traité en transparence et en translucidité, signale le nouveau lieu culturel et agit comme atrium en son cœur et lanterne urbaine le soir venu. Faisant le pont entre les deux parties de la place d’Youville, le prisme cristallin affirme les deux entrées qui mènent au centre du projet.

Sur la rue Saint-Jean, il s’articule en facettes au-dessus de l’entrée principale en prenant la place de la portion manquante du bâtiment de l’ancien YMCA d’origine. (Ce dernier a été amputé d’une baie complète lors de la construction du cinéma de Paris en 1948). L’œuvre de l’artiste Claudie Gagnon intégrée au projet prend la place de l’ancienne enseigne du Cinéma de Paris et l’évoque comme emblème du quartier jadis visible dans l’axe de la rue.

La matérialité extérieure : une intervention contemporaine intégrée au patrimoine
Le volume de verre sérigraphié s’inscrit entre l’ancien bâtiment du YMCA aux façades de pierre et la nouvelle salle surmontée d’un studio de création. Restaurées à l’authentique, les façades de l’ancien YMCA, réanimées par leur nouvelle vocation, contribueront à redynamiser la place publique et la rue. La volumétrie de la toiture mansardée est reconstituée telle qu’à l’origine avec son revêtement en tuiles d’ardoise et de cuivre étamé. Le studio de création qui émerge derrière le volume de verre en toiture est recouvert de bardeaux d’acier inoxydable et s’efface contre le ciel.

Le volume aveugle de la cage de scène de la salle de diffusion ne peut, dû à l’étroitesse et contraintes du site, donner que directement sur la rue des Glacis. Pour contrer cette opacité, il est revêtu de panneaux de béton préfabriqués sur lesquels a été reproduit à l’échelle, par le truchement d’un moulage en micro-relief, le dessin de 1878 de la façade de l’aile du YMCA jamais construite, conçue par l’architecte Joseph-Ferdinand Peachy dans le cadre du concours d’architecture de l’époque. Ce procédé de moulage permet à la façade fantôme d’apparaître et de disparaître grâce à un effet d’optique d’ombres et de lumière et selon la position de l’observateur et du soleil. Elle en continuité avec la façade du bâtiment conservé, son échelle et ses détails architecturaux.

L’intérieur du Diamant : entre patrimoine et modernité
On entre dans le Diamant à partir de la Place d’Youville à l’endroit où se trouvait le hall de l’ancien Cinéma de Paris. L’aménagement du nouveau hall évoque le jeu de miroirs et de réflexions à l’infini de l’ancien, de style Art déco, au moyen de surfaces noires réfléchissantes et parallèles qui constituent le plafond, les murs et le plancher. Ce jeu de réflexions donne l’impression d’entrer à l’intérieur d’un diamant. Des artéfacts récupérés de l’ancien hall et réinstallés sur les murs, des boîtiers vitrés d’affichage transformés en système d’affichage numérique, témoignent aussi de l’époque.

Après avoir transité par un hall sombre, on arrive au cœur du bâtiment dans un vide lumineux, entre l’ancien YMCA et la nouvelle salle de spectacle. En fond de perspective, on réaperçoit la Place d’Youville au travers de l’entrée sur la rue des Glacis et à notre gauche un grand restaurant aménagé derrière la façade du YMCA. En levant le regard, on aperçoit le vide triangulaire qui monte sur plusieurs niveaux. D’un côté, il est défini par une grande paroi de verre qui tranche en diagonale l’ancien YMCA, révélant l’intérieur de chacun des trois étages par transparence, et de l’autre, en contraste, par le nouveau volume opaque en béton brut de la salle de spectacle. Un escalier monumental, revêtu de bois, prend place dans le vide et le parcourt en son centre comme un arbre qui monte vers la lumière.

En empruntant l’escalier monumental, on découvre ensuite à l’étage noble le foyer ouvert sur le vide. Le foyer est chaleureux avec son plancher en bois, les structures en bois des anciennes cloisons récupérées et réinstallées et les plafonds moulurés qui évoquent le fantôme des pièces. Les deux grands murs de refend en brique de l’époque avec leurs portes en arches de différentes dimensions sont réinterprétés par des murs coulés en béton qui incorporent la nouvelle structure. Le foyer se poursuit vers la rue des Glacis dans le volume de verre qui l’expose sur la place publique.

On accède à la salle de spectacle, lorsqu’elle est en configuration à l’italienne, à partir du foyer par une passerelle qui traverse le vide qui les sépare. On entre dans un grand volume opaque en béton coulé dans lequel un décor scénographique ingénieux et transformable évoque la modénature de la façade du YMCA. Devant les parois en béton latérales et leurs passerelles techniques s’élèvent des façades en bois gravées, teintes en noir, qui reprennent le module des arches sur deux niveaux de la façade de l’ancien YMCA, créant une ambiance en continuité avec l’extérieur du bâtiment. Le plancher de la scène/salle est à niveau avec celui de l’entrée principale afin de faciliter les parcours des visiteurs. Le studio de création quant à lui est installé tout en haut au-dessus de la salle de diffusion et de l’étage administratif. Il est de plain-pied avec la terrasse aménagée sur le toit de l’ancien YMCA, laquelle offre une vue magnifique sur la ville.

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